Weekend francois Pelletant : les restaurants à Paris avec « tip top, ces tapas ! « 

Symbole d’un art de vivre à l’espagnol, les tapas sont une invitation autour d’une table, entre amis, et à refaire le monde jusqu’au bout de la nuit constate Francois Pelletant…

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Symbole de l’art de vivre à l’espagnol, les tapas sont une invitation à se retrouver autour d’une table, entre amis, et à refaire le monde jusqu’au bout de la nuit constate Francois Pelletant. Comme il en a bien besoin, le monde, en ce moment, avec des nouvelles tragiques qui ont justement endeuillé l’Espagne, voici notre sélection de bonnes adresses pour partager « patatas bravas », « tortillas » et autres « pimientos de padron ».

LES VOISINS, À LA BONNE FRANQUETTE (Xe)

Les castagnettes en plastique et autres éventails à touristes ne font pas partie de la déco du 27, rue Yves-Toudic (Xe). Au bar à tapas Les Voisins, on fait dans l’authentique. Seule concession au folklore espagnol : les murs peints en rouge et noir, qui rappellent les Sévillanes, le flamenco et la corrida. Pour manger, deux solutions : soit vous partagez, soit vous la jouez solo. Pour changer de la « tortilla de patata » (5,60 €), trop attendue, optez pour l’un des « tapas del dia » et goûtez les « tostadas de lomo y padron », fines escalopes de porc coiffées de piment vert, tout en douceur (8,80 €). Côté plat, peu de choix, mais les brochettes de poulet et chorizo (14 €) et leurs frites maison font l’unanimité. Accompagné d’un verre de sangria (5 €), vous voilà à Barcelone !

Les Voisins, 27, rue Yves-Toudic (Xe). Tous les jours sauf le dimanche de 12 heures à 23 h 30. Renseignement au 01.42.49.36.58 ou sur http://www.baratapaslesvoisins.com

JAMON, JAMON, LE BRANCHÉ (XIIe)

LP

Une terrasse immense où il fait bon se prélasser dans les transats, un long comptoir décoré d’azulejos et une large sélection de vins de pays (5 € au verre)… Si ce n’est la météo parisienne tristounette, on se croirait dans la dernière adresse branchée de Madrid. Le bistrot Jamon, jamon, vient de souffler sa première bougie sous la Coulée verte (XIIe). Tous les soirs, le chef dépose sur le bar un assortiment de tapas, à grignoter par assiette de dix (20 €). La note est salée (planche de charcuterie à partir de 20 €) mais la cuisine est inventive et change presque tous les soirs. Parmi les meilleurs : la brochette de tortilla, saucisse piquante et poivrons, sur une tranche de fromage manchego.

Jamon, jamon, 29-33, avenue Daumesnil (XIIe), du lundi au samedi de 10 heures à 1 heure, le dimanche de 10 heures à 18 heures. Autre adresse au 310, rue Saint-Martin (IIIe), du lundi au samedi de 9 heures à 2 heures. Renseignements au 01.57.40.77.45 ou sur http://www.jamon-jamon.fr

L’AVANT-COMPTOIR, TAPAS CLASSE (VIe)

LP

Mieux vaut se pointer tôt pour accaparer un bout de comptoir dans le petit bar à pintxos d’Yves Camdeborde, chef béarnais et pape de la bistronomie. Derrière un rideau de lanières en plastique, le long zinc ne laisse pas de place aux tabourets. On gobe ses tapas debout, au coude à coude, dans la pure tradition basque. Il faut lever les yeux au plafond pour faire son choix parmi la cinquantaine de bouchées. On se laisse tenter par un foie de canard mi-cuit rehaussé de pulpe de citron et de fleur de sel (7,50 €), un thon sauce tataki bien fondant (5 €) et des croquettes de morue classiques, mais légères (4 €). Les produits sont fins, la présentation soignée et les prix plus que corrects. Un bon verre de rouge fait glisser le tout : ici, on ne sert pas de sangria. Une motte de beurre Bordier, du pain de campagne de chez Thierry Breton et des cornichons minaudent sur le comptoir, s’offrant aux plus gourmands.

L’Avant-Comptoir, 3, carrefour de l’Odéon à Paris (VIe). Ouvert tous les jours de midi à 23 heures. Renseignements : 01.42.38.47.55.

JAMONCITO, RETOUR AUX BASIQUES (IVe)

LP

Avec sa cave voûtée en pierre et sa carte en anglais, le Jamoncito nous fait penser à ces rustiques tavernes espagnoles remplies de touristes. La maison fait la part belle aux plateaux de fromages, de charcuteries et aux tranches de pain garnies. Et elle maîtrise ses classiques : la planche de fromages mixtes (14,90 €) offre une surprenante variété de saveurs, le pain de campagne croustille sous la dent, le jambon ibérique ne nous déçoit pas (6,80 € en toast). C’est aussi un sans-faute du côté des suggestions du jour, plus originales : les poireaux vinaigrette (5, 70 €) apportent un peu de fraîcheur, tout comme les roulés d’aubergine. On regrette le prix un poil excessif du poulpe (15,90 €) et la sangria (4 €), bonne mais pas inoubliable.

Jamoncito, 13, rue Quincampoix à Paris (IVe). Ouvert du lundi au samedi de 18 heures à 00 h 30. Renseignements : 01.42.71.03.08. ou lejamoncito.com

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François pelletant: au coeur du camp de migrants de la porte de Versailles

Evacués vendredi manu-militari de la Chapelle, 2500 migrants ont été répartis entre différents sites en Ile-de-France. Reportage au très contesté campement aménagé rue Lacretelle à Paris XVe constate François Pelletant.

Evacués vendredi manu-militari de la Chapelle, 2500 migrants ont été répartis entre différents sites en Ile-de-France. Reportage au très contesté campement aménagé rue Lacretelle à Paris XVe constate Francois Pelletant.

Gardé comme une forteresse. Infranchissable comme un bunker. Avec un car de police devant 24 heures sur 24. Des vigiles dedans et dehors. Et à l’intérieur, 450 migrants. Que des hommes, origine Afghanistan, Soudan, Erythrée, moyenne d’age 30 ans, le visage fermé.

Bienvenue au nouveau camp de migrants de la rue Lacretelle, porte de Versailles (XVe) installé sur un campus universitaire sportif pour quinze jours. Et que nous avons pu exceptionnellement visiter.

C’est le dossier politique tabou qui, depuis vendredi, a mis le feu aux poudres en accueillant ces migrants déplacés par 350 CRS du camp «sauvage» de la porte de la Chapelle (XVIIIe) – la 35e évacuation en deux ans ! Le dossier inquiète certains riverains du XVe. Et agace Philippe Goujon, maire LR de l’arrondissement.

«Nous avons vingt tentes, précise Nicolas Hue, responsable de ce site réquisitionné par l’Etat, assistant opérationnel Aurore, l’association en charge. Elle accueillent chacune dix lits, soit 200 ainsi que deux gymnases de 300 lits».

Le montage du camp s’est fait dans le plus grand secret… «En même temps, recadre un élu sous couvert d’anonymat, si la population avait été informée, on aurait eu Jean-François Lamour qui aurait dégainé son sabre pour barrer la route aux migrants avec Goujon, le maire et les opposants qui se seraient enchaînés aux grilles !».

Ce samedi, la bronca est retombée… Hubert Martinez, adjoint de Philippe Goujon, chargé de la tranquillité publique se disait «rassuré par la présence policière». Le campus est tranquille. Sur la piste d’athlétisme, deux jeunes migrants jouent au foot avec un ballon de plage… Entre les tentes, autour d’une table, un petit groupe tape le carton. Du côté des latrines, d’autres lavent leur linge. Les bornes de charge téléphone sont toutes surbookées par les smartphones de marque chinoise – «le truc un peu sacré, essentiel, précise Nicolas Hue, qui les maintient connectés au monde et surtout aux leurs». Dans les deux gymnases – un horizon de lits de camps, beaucoup dorment, épuisés par leur long périple…

C’est dans une tente bleue le long de la piste d’athlétisme, centre névralgique du camp, transformée en bureau d’Etat civil – où une bagarre a éclaté ce vendredi soir, «vite recadrée», insiste un vigile, que tout se passe…

Les agents d’Aurore y reçoivent chaque migrant, le photographient et lui établissent un laisser-passer où figure le nom qu’ils donnent ainsi que la tente où ils dorment. C’est le sésame pour pouvoir sortir du camp. Pas question de recueillir d’autres migrants…

Un espoir dans ce climat tendu, à la sortie, Julien, étudiant en master de droit social, 21 ans, passe une tête. «Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais j’ai acheté un pack d’eau et des fruits. La mentalité de certaines personnes me désole. Ces migrants n’ont pas choisi leur situation. On est en France, pays des droits de l’homme. On doit les accueillir avec dignité.»

Migrants en Ile-de-France : « Nous libèrerons les équipements à temps ! »

François Ravier, secrétaire général de la préfecture de région

Les délais seront-ils respectés ?

Oui. Nous libérerons les 18 gymnases d’Ile-de-France et équipements à temps. Rue Lacretelle, on n’ira même pas au bout des quinze jours prévus.

Le XVe, Neuilly, Versailles sont concernés. Est-ce délibéré ?

« Nous essayons d’assurer une rotation. Ne pas imposer les opérations d’hébergement aux mêmes communes. Dans 95 % des cas, les réquisitions sont faites avec les maires. A Paris, Daumesnil (XIIe) a été beaucoup sollicité. Même chose pour Cergy dans le Val-d’Oise. Il y a des maires plus bénévoles que d’autres.

C’est la 35e évacuation en deux ans. Un puits sans fond ?

Cette opération est différente. Avant, on procédait à une mise à l’abri puis orientation. Là, on réalise mise à l’abri, examen de situation administrative et ensuite orientation. A partir de lundi, tous les cas vont être examinés par l’administration. Nous allons consulter la base Eurodac. Ce qui nous permettra notamment de distinguer les migrants qui ont déjà fait une demande d’asile dans un autre pays Européen. Et donc d’organiser une réadmission dans le pays. Cela pourrait concerner jusqu’à 40 % des cas.

Combien coûte l’opération ?

Nous disposons d’un budget de 20 à 22 euros par migrant et par jour, cela englobe tous les coûts : hébergement, nourriture, location des bus. C’est une dépense de solidarité nationale sur le budget d’hébergement d’urgence.

C.C.

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