À propos

Certains militaires comptent leurs cicatrices au retour du combat, lui il compte les intrigues politiques. En 20 ans de mandat, le Maire de cette petite ville de banlieue, Linas, se sera forgé une solide réputation de « tête brûlée » pour avoir mené la vie dure à ce qu’il est courant d’appeler de nos jours « le système ».

 

Il faut dire que le système ne l’a pas épargné… Les Linois ne parviennent plus à dénombrer les procès et la diversité des attaques y compris judiciaires à l’encontre de leur Maire, un peu comme une fatalité récurrente.

 

Il faut bien admettre que François Pelletant, ne recule devant rien pour parvenir à ses fins.

En 2016, il signait un arrêté pris afin d’interdire les voitures des « Parisiens » sur le tronçon de RN 20 traversant Linas ; clin d’oeil en réponse aux restrictions de circulation décidées arbitrairement par Anne Hidalgo dans Paris.

L’année précédente, il s’opposait à l’édification d’une plateforme logistique de plusieurs hectares dans la ville voisine d’Evry où règne toujours l’ancien Premier Ministre Manuel Valls.

Antérieurement, il entrait dans un bras de fer avec les services du Ministère de l’Intérieur et faisait installer des panneaux avant-coureurs de deux radars sur les feux tricolores à un carrefour de Linas par l’Etat ; il estimait, et à juste titre, que l’effet de surprise des flashs sur les automobilistes provoquait des carambolages en chaîne….

Et ainsi de suite, on le retrouvera prendre un arrêté pour tirer un feu d’artifice permanent afin d’interdire le ciel de Linas aux avions dont le trafic intensif dans les couloirs aériens provoquait des nuisances de ses administrés, diffuser le numéro personnel de Jean-Claude Gayssot, le Ministre de l’Equipement du gouvernement Jospin, afin de permettre aux habitants de manifester directement leur mécontentement ….

 

L’élu n’aime pas trop s’étendre sur ses « faits d’armes ». Selon ses dires, il ne veut pas « faire école ». Il redoute les apprentis sorciers qui voudraient l’imiter en débordant de la ligne jaune. Car les actions et autres coup d’éclat du maire de Linas sont tout sauf improvisés. Ils sont entourées d’un arsenal de précautions juridiques et réglementaires. On, peut aussi comprendre que l’acharnement judiciaire dont il est régulièrement l’objet l’a contraint à tout sécuriser à l’extrême.

 

Il y a quelques années, la mairie de Linas se distinguait dans les médias pour l’organisation de son service juridique jugé important pour une ville de 70 habitants. Le maire se prévalait d’avoir mis en place dans sa mairie des procédures internes pour neutraliser les risques de corruption et d’avoir « musclé » le service juridique afin de ne pas être mis en cause sur le respect de la loi.

 

C’est d’ailleurs un peu sa marque de fabrique et c’est aussi la source de son salut car pendant que la « Mouche du Coche » de Linas taquine les puissants, les puissants apprécieraient de pouvoir l’écraser. Ils semble cherchent inlassablement la faille sans la trouver.

 

Si le Maire de Linas ne compte plus les luttes et les combats qu’il a menés depuis 20 ans, il additionne, bien malgré lui, les rendez-vous judiciaires. Son entourage évoque un certain acharnement, ce qui n’est pas très éloigné de la vérité lorsque l’on se penche un peu sur le bien-fondé des procès, enquêtes et autres épreuves auxquelles François Pelletant a été confronté en quelques années. En 2016, il dû répondre de l’exercice illégal de la profession d’avocat (relaxe), été menacé de la dissolution de son association donneur d’alerte (relaxe), de fourniture de documents administratifs (ordonnance de rejet). La même année, en revanche, ses détracteurs peuvent comptabiliser à leur actif sa condamnation pour avoir exploité un bar/restaurant sous forme d’association en recrutant des jeunes chômeurs en « emploi aidé ». Cela avait donné lieu, l’année précédente, à une enquête retentissante, synchronisée avec les élections départementales auxquelles l’élu était candidat, et menée par des enquêteurs dont l’indépendance fait débat , pour leurs liens de copinage avec certains élus du conseil municipal de Linas.

 

L’insaisissable Maire de Linas n’est pas dépourvu d’adversaires. Des opposants qui n’ont qu’un seul et unique objectif, « le supprimer ». A Linas le débat politique ne porte pas sur le développement ni les projets de cette ville située dans le cluster de Paris-Saclay mais sur la passionnante filature du maire, ses faits et gestes publics et privés, épiés pour définir l’utilisation opportune ou pas de la voiture de service de la mairie ; épié dans ces activités privées, ou au sujet des logements qu’il loue dans une autre ville situé à 10 kilomètres.

 

Cette forme de pseudo-militantisme politique et ces méthodes qui suscitent plutôt le dégoût, pourraient justifier les scores de certains partis extrême à Linas, mais François Pelletant ne semble pas s’en inquiéter pour l’instant. Celui qui fut Conseiller Général de l’Essonne et qui perdit les élections départementales en 2015 dans le contexte policier-judiciaire que l’on sait, s’est juré d’être présent pour les élections législatives en 2017. Il bénéficie pour cela d’un bilan dont il n’a pas à rougir : installation du Centre National de Rugby à Marcoussis-Linas, construction et réhabilitation de collèges, déploiement de la fibre optique dans toutes les communes de la communauté d’agglomération ….il définit son ambition par la nécessité de défendre l’ancienne circonscription de Nathalie Kosciusko-Morizet après plusieurs années de retard pris par rapport aux autres circonscriptions de l’Île-de-France.

 

Le proche avenir dira si les Français sont capables d’envoyer à l’Assemblée Nationale un élu hors système, irréductible, car c’est un peu comme faire entrer le loup dans la bergerie mais comme le prétend François Pelletant :  » toujours en respectant la légalité et la bienséance ».